Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï

Publié le 05/04/2018

  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï
  • Rencontre avec Audrey Vaina, danseuse orientale à Dubaï

1/ Quel est votre parcours en danse orientale ?

J’ai découvert la danse orientale avec Perla Elias Nemer quand je vivais en Italie. Ce qui était un hobby est vite devenu une passion, j’ai intégré la troupe folklorique Amirat de Perla et prenais en parallèle des cours de danse avec Saad Ismail et Valentina Mahira (de 2 heures par semaines de cours, je suis passée à 8h!). Je suis une acharnée du travail, en général, c’est tout ou rien. Je faisais tous les stages possibles et imaginables afin d’apprendre le plus possible, jusqu’à ma rencontre avec Farida Seidi et Momo Kadous en 2012.
En 2012, je suis rentrée vivre en France et me suis dédiée à la danse. Je me rendais en Allemagne 1 weekend par mois pour me former avec Momo Kadous à raison de 6 heures par jour dans le cadre de sa formation professionnelle et je me suis formée en coaching privé pendant 4 ans avec Farida Seidi de façon intensive. En parallèle, je me rendais 2 fois par an en Ukraine pour prendre des cours particuliers avec Julia Mitsai au rythme de 15 heures par semaine et me rendais en Egypte tous les 3 mois pour prendre des cours particuliers et apprendre l’arabe afin de comprendre la culture égyptienne. Je me suis lancée dans l’enseignement assez tard et sous les conseils de Farida Seidi qui m’a appris comment enseigner avec pédagogie.
En 2016, j’ai quitté la France et je vis maintenant à Dubaï, où j’enseigne et je travaille en tant que danseuse orientale professionnelle. 

2/ Comment analysez-vous le marché de la danse orientale à Dubaï ?

Le marché de la danse orientale est très compétitif à Dubaï, il y a beaucoup de danseuses, majoritairement des danseuses brésiliennes et sud-américaines. Il m’a fallu beaucoup de temps avant de faire “ma place” ici.
Le système est complètement différent de celui que l’on voit en Europe. Ici, les danseuses doivent répondre à certains critères au niveau des costumes de danse orientale et du physique (en particulier les courbes, la taille ou même la couleur des cheveux). Tout va à mille à l’heure, on est sélectionné sur un simple coup d’œil aux photos, j’ai donc appris à être très réactive et à utiliser mon matériel de promotion (photos et vidéos) de façon adaptée au marché des Emirats.
Le format des cours de danse est aussi très différent de celui de l’Europe. Les cours de danse orientale se font majoritairement dans des clubs de fitness, ce ne sont pas des cours à proprement parlé comme on l’entend en France avec un suivi des élèves et une pédagogie, mais plutôt du bellyfitness. Bien sûr, il y a des cours en studio de danse mais ce n’est pas simple d’avoir un suivi avec les élèves (90% de la population est expatriée et les gens arrivent et partent du pays en continu). J’enseigne dans une école de danse et mes cours sont très techniques à l’opposé de la méthode d’enseignement d’ici. J’ai mon noyau d’élèves fidèles car j’insiste sur le développement de l’élève, le sentiment de groupe et j’aime créer des liens en organisant plusieurs évènements autour de la danse orientale.
A mon grand regret, il n’y a pas de spectacles de fin d’année à Dubaï comme on le voit en Europe, je compense ce manque en emmenant mes élèves au Caire, au Festival Ahlan Wa Sahlan (l’an dernier elles ont présenté mon travail et ont remporté la 1ère place dans la catégorie Shaabi).
Mes élèves sont essentiellement des expatriées européennes, russes, égyptiennes et libanaises. Ces élèves veulent apprendre la danse orientale car elles vivent au Moyen-Orient ou parce qu’elles veulent apprendre une danse qui fait partie de leur culture.
Les cours particuliers sont beaucoup plus demandés ici, en général par les femmes Emiraties ou Saoudiennes qui veulent apprendre à être plus séduisantes (paroles textuelles) ou ne souhaitent pas “se mélanger” aux autres. La danse orientale ici est plutôt ancrée dans le style libanais.
L’utilisation des accessoires est très forte ici, les clients recherchent du sensationnel (accessoires LED pour les ailes d’Isis et les cannes, veil poï, éventails, etc).
Pour les prestations de danse, elles sont en général de 30 à 45 minutes, divisées en plusieurs passages (1, 2 ou 3 au maximum). Les prestations se font en général dans les hôtels 5 étoiles, ce qui est très agréable pour une danseuse et les hôtels sont magnifiques dans ce pays. Contrairement à ce que j’ai vu dans les autres pays, ici le client décide de tout: une danseuse est choisie en un instant et il n’est pas rare qu’ils choisissent les costumes de la danseuse ainsi que les chansons sur lesquelles elle doit danser.

3/ Etes vous amenée à voyager dans d’autres pays dans le cadre professionnel et quels sont vos projets futurs ?

A Dubaï, on est au centre du monde et il y a beaucoup de demandes de la part des pays voisins. J’ai voyagé au Qatar (avant la crise diplomatique), au Bahreïn, à Oman. J’ai eu beaucoup de demandes pour des spectacles en Inde, au Pakistan ou encore aux Maldives. Travailler et vivre à Dubaï permet de voyager le temps d’un jour ou deux dans des pays que je n’aurais sûrement pas fait en temps normal.
Pour ce qui est de mes projets futurs, je vis un peu au jour le jour, j’enseignerai en Egypte comme tous les ans au festival Ahlan Wa Sahlan, d’autres projets sont en cours mais j’en parlerai une fois qu’ils seront finalisés. J’aimerais donner des stages en France ou en Italie lorsque j’y retournerai pour voir ma famille.
Je ne prévois pas de rester à Dubaï dans le long terme, j’ai vécu dans 5 pays différents pendant 14 ans et pour l’instant je ne me vois pas retourner en France. Le prochain pays se décidera le moment venu.

4/ Quel type de tenue/costume de danse orientale de scène préférez-vous et pourquoi ?

J’ai un très gros faible pour les costumes à pois! J’ai eu une période où je n’avais que ça. Je fais faire mes costumes en Egypte ou en Ukraine en général. Je n’ai pas tellement de préférences, je marche beaucoup au coup de cœur pour les costumes classiques.
Depuis que je travaille aux Emirats, les costumes exigés ici sont ceux qu’ils définissent comme le “costume traditionnel”, c’est à dire celui qui est très ouvert sur les deux jambes. Depuis un an, mes achats vont plutôt vers ce style car je n’ai pas trop le choix. Je mets mes costumes préférés et mes tenues shaabi/baladi lorsque j’ai des événements de type familial qui n’ont pas toutes ces exigences au niveau du costume. Je déteste toujours autant danser en talons. Ici, on ne danse pas pieds nus, ce n’est pas considéré comme élégant. En général, en fonction des événements, “j’analyse” lors du premier passage si le public est un public moins “haut perché” et dès que possible je quitte mes chaussures :-)

5/ Quel accessoire de danse orientale préférez-vous et pourquoi ?

Je ne suis pas du tout orientée vers les accessoires contrairement à la demande d’ici. Les seuls accessoires que j’utilise et que j’aime beaucoup sont le shamadan et le tahtib. Le shamadan a un côté très festif, le public est toujours en admiration lorsqu’une danseuse apparait avec toutes ces lumières et j’utilise toujours une musique très entraînante. Le Saidi est un style que j’ai commencé à étudier de façon intensive depuis quelques temps et j’utilise en général 2 tahtib pour mes spectacles, le public apprécie beaucoup et n’est pas habitué (la tendance est plutôt à la canne libanaise et le Saidi en style égyptien est plus rare ici).

6/ Quel type de tenue préférez-vous pour les cours et stages de danse orientale et pourquoi ?

Ces dernières années, je n’ai pas été très créative au niveau de mes tenues de cours. Je me limitais à une paire de legging, un débardeur et un foulard. Maintenant, avec toutes les tenues qui sont proposées sur le marché je me suis mise à porter des jupettes, je préfère ces tenues aux jupes longues qui ne permettent pas aux élèves de voir mes jambes lorsque j’enseigne pour comprendre le mouvement. J’aime aussi beaucoup les combinaisons mais elles ne sont pas toujours pratiques. Ici, on a l’avantage d’être dans un pays chaud alors j’ai laissé tombé tous mes gilets et mes manches longues (mes chaussettes d’échauffement me manquent beaucoup car j’adore les porter en cours mais il fait souvent trop chaud pour les supporter).

7/ Quel(le) est votre « idole » en danse orientale et pourquoi ?

Je ne sais pas si on peut parler d’idole car il y a tellement de danseuses et danseurs que j’admire (Aziza du Caire pour son bassin, Randa Kamel pour la puissance et précision de ses mouvements, Dariya Mitskevich pour sa technique, Vaagn Tadevosyan pour la douceur de sa danse, Igor Ischka pour ses tours et sa grâce, Tito Seif pour son style… la liste est longue)! Je suis restée très fidèle à mes trois professeurs (Momo, Farida et Julia) mais depuis que j’habite à Dubaï c’est moins simple de me rendre chez eux.
Lorsque j’ai commencé, j’étais en admiration devant Rajaa Dussart et c’est aussi elle qui m’a donné l’envie de voyager de façon assidue et régulière pour me former (je courrais un peu dans tous les sens pour les stages plutôt que de me concentrer sur un style en particulier), d’où ma décision de me former avec Farida Seidi et Momo Kadous.
Les danseuses que j’aime le plus sont les égyptiennes en général, pour leur style et les danseuses russes et ukrainiennes pour leur technique et la rigueur de leur travail.

COMMENTAIRES

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire