Danse orientale : Coup de cœur pour le style Iraqi

Publié le 01/03/2019

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Maïssane NARJIS nous renseigne de manière précise sur cette danse originale qui séduit de plus en plus les danseuses orientales et qui fait actuellement l’objet de nombreux stages d’enseignement et représentations scéniques lors des festivals : L’iraqi. Une occasion également de connaître le parcours atypique de cette danseuse de talent qui, entre anecdotes personnelles et sincérité, nous charme par sa personnalité alliant humour, naturel et sensibilité !

1/ Quelles sont les caractéristiques de la danse Iraqi ?

La Danse Iraqi, plus précisément appelée Kawleeya dans le monde entier, fait partie de la catégorie des danses Khaleeji (des pays du golf). Originaire d'Iraq, elle est pratiquée par des femmes tziganes.
Cette danse est facilement reconnaissable par son travail de cheveux énergique ( = hairwork ) et se rapproche des danses Khaleeji par l'accentuation des steps vers / dans le sol ( = down ). C'est une danse dynamique, marquée par des rebonds ( = bounces ) dans le sol, et dont le travail des cheveux est varié et multiple (cercles, huits, shimmy... ) mais aussi frénétique.
Il est possible également pour la danseuse Kawleeya de faire un travail au sol ( = floorwork ) souvent pour amener le travail des cheveux jusqu'à la transe et clôturer le morceau en apothéose.
Si l'on devait citer d'autres spécificités à la danse Iraqi Kawleeya, on parlerait des jeux de claquements de doigts, inspirés des danses perses ou encore de l'utilisation des dagues. La danseuse pointerait ses dagues sur ses hanches, son ventre, ses épaules, une des significations de ces gestes est celle de suivre son amour jusqu'à la mort...
On ne peut pas établir de comparatif entre l'Iraqi et la Danse orientale classique tant ces danses sont différentes, même si on retrouve des mouvements de hanches et d'épaules dans les deux danses. On peut par contre la comparer au Khaleeji. La différence se trouve dans l'atmosphère de cette danse et l'attitude de la danseuse, son énergie.
Selon mon interprétation et ressenti personnel, je dirai que la danseuse Kawleeya est beaucoup plus dure, énergique, brute de décoffrage, moins « pudique » et un peu sombre contrairement à la danseuse Khaleeji qui incarne pour moi la légèreté, la grâce, la fraîcheur, l'élégance etc... Ce sont deux univers très éloignés et j'aime ces deux danses pour tout ce qu'elles incarnent.
Actuellement, la danse Iraqi, qui était une danse peu connue et très confidentielle, est pratiquée dans le monde entier et en constante évolution, on y retrouve aujourd'hui des influences des danses classiques dans le port de bras ou les postures adoptées.  

2/ Quelle est la tenue idéale, et le type de musique qui convient pour pratiquer la danse Iraqi ?

La tenue idéale est une robe longue et près du corps, ne dévoilant pas les jambes ou le ventre. Les hanches peuvent être décorées pour mettre en évidence les mouvements. Les épaules et le buste peuvent être dégagés.
On reconnaît très souvent une musique Iraqi à l'instrument Khishba, qui est une percussion jouée de manière très rapide, qui pourrait s'apparenter à un son de mitraillette.
L'artiste incontournable pour danser l'Iraqi Kawleeya est la chanteuse Sajeda Obeid avec notamment les titres « Shged » et « Khala ».

3/ Quand et où nos clientes peuvent-elles vous retrouver pour s’initier à vos cours de danse orientale et à cet enseignement Iraqi ?

Je dispense des cours réguliers de Danse Orientale les soirs en semaine à Toulouse (France) dans plusieurs écoles et structures et anime également plusieurs stages thématiques les week-ends.
J'aurai également la chance d'animer un stage autour de la Danse Iraqi pour le Festiv'al Shimmy, à la Motte-en-Provence le week-end du 23 mars prochain.
Pour celles qui souhaitent s'inscrire et découvrir ce style peu pratiqué et enseigné en France, il suffit de vous adresser à Aude Mathis, organisatrice de ce festival, qui m'a fait l'honneur de son invitation !

4/ Quel est votre parcours dans l’univers de la danse ?

J'ai toujours fait de la Danse ou d'autres activités en rapport avec les arts du spectacle vivant dans mon enfance, et je vous fais une petite confession j'étais une très grande fan de Shakira aussi, alors on peut dire qu'elle m'a initié mes premiers mouvements de hanches quand j'étais enfant !
J'ai véritablement rencontré la Danse Orientale et poussé la première porte d'un cours de danse orientale à l'âge de 13 ans dans une Mjc à Rodez. Ça a été un véritable coup de foudre pour cette danse qui m'a de suite parlé et révélé. Je me souviens que la première chose qui m'ait fasciné dans cette danse était sa puissance féminine et son caractère ! Depuis, je n'ai cessé de me former avec des danseurs français et du monde entier.
Je crois que je suis retombée amoureuse de la Danse orientale à l'âge de 17 ans en rencontrant Dariya Mitskevich, pour qui je voue une admiration sans borne tant par son sens artistique que sa personnalité. Je dois dire qu'elle a été certainement le vecteur le plus important dans ma progression en tant que danseuse.
J'ai très rapidement progressé et été encouragée par mon entourage et mes professeurs pour enseigner dès l'âge de 18 ans à Rodez. À l'âge de 21 ans, je suis arrivée à Toulouse avec mon petit bagage de Rodez et quelques expériences scéniques sur des festivals français et ai fait rentrer la Danse Orientale dans la plus grosse école pluridisciplinaire de la ville, le 144. Merci aux directeurs qui m'ont fait confiance et ont vu en moi une danseuse et enseignante prometteuse. Je crois que ça a été un événement décisif afin de m'implanter rapidement à Toulouse et proposer mes cours dans plusieurs écoles et autres structures.
Je n'ai jamais gagné de concours de Danse Orientale. Ce qui est drôle c'est que, en dépit de ma participation à des événements importants de Danse Orientale en France, mon travail a été réellement remarqué grâce à des vidéos de mes prestations en restaurants ou même des vidéos filmées avec des portables dans mon propre événement « L'Orient dans tous ses états » que j'organise depuis maintenant 3 ans. Les premières organisatrices du milieu à avoir cru suffisamment en moi pour me laisser ma chance de m'exprimer en tant qu'artiste professionnelle sur scène ont été : Maryam de Suisse (Esquisse d'Orient), Meryem Coing (Al Wafaa) et Soraya Saadi (Et si l'orient m'était conté). Je les remercie infiniment car grâce à elles, ma carrière a pu prendre un véritable tournant au niveau national. Aujourd'hui, j'ai de nouvelles opportunités pour danser et enseigner en France et en Suisse, grâce aux organisatrices, danseuses et professeurs qui me font confiance. Et j'espère que ce n'est que le début...

5/ Quel type de costume de danse orientale préférez-vous porter sur scène et pendant les cours ?

J'adore le travail des designers des pays de l'Est. J'aime beaucoup l'élégance de leurs costumes et leur finesse, ainsi que leurs inspirations pour les tenues de danse de salon. J'apprécie le travail de Patrycja Marzec ou Aliah Kluchenkova (Pologne).
Pendant les cours, je porte des tenues d'entraînement style modernes, pas véritablement orientales : jupettes, collants de danse, tops et jambières. Je suis fan des jambières depuis cet hiver : pratiques et confortables pour tenir mes genoux et chevilles au chaud (c'est important !)

6/ Quelles sont vos 3 musiques orientales préférées et pourquoi ?

Euh... Joker ?! J'écoute et j'aime beaucoup trop de musiques orientales ! Mais je vais vous parler de quelques-unes qui sont spéciales pour moi.
- « Ma wahachnak » de Mohammed Assaf : Je me souviens avoir découvert ce bijou musical un soir d'été et avoir passé la nuit à l'écouter au moins 100 fois et pleuré en continue tant elle faisait écho en moi à cette période de ma vie. Le titre signifie « M'as-tu manqué ? », à partir duquel j'ai créé un solo avec tout un jeu de voile afin d'y exprimer mes émotions, mes peines. Pour la petite anecdote croustillante ;-) ce solo m'a été inspiré par une déception sentimentale avec un garçon qui n'a pas été très tendre à mon égard et cela a été très compliqué pour moi de le réaliser sur scène car je ne parvenais pas à exorciser mes peines. J'ai véritablement réussi à le danser pour moi et avec mon cœur à Lyon sur la scène du Festival « Et si l'orient m'était conté » ... Si jamais la personne concernée lit cette interview j'aimerai lui dire : Merci pour ce solo, mais tu ne me manques plus ! ;-)
- « That's freedom » de Artem Uzunov : J'ai également une anecdote croustillante à raconter au sujet de la création de ce solo ! À cette période, je travaillais régulièrement dans un restaurant sur la côte Atlantique et un soir, le patron était particulièrement désagréable avec moi et n'arrêtait pas de me faire des remarques. Je n'étais pas assez ça ou trop ci. En bref, il n'était jamais satisfait et m'avait particulièrement agacée. J'ai lancé cette musique pour mon dernier passage, une musique sur laquelle je n'avais jamais dansé, j'étais en totale improvisation et surtout très en colère ! Et je me souviens de la réaction des clients, qui ont TOUS lâchés leurs assiettes pour me regarder… Au début : silence... puis des applaudissements et des cris jusqu'à la fin où j'ai reçu une ovation incroyable. Le patron après ce solo m'a fait son mea culpa…
- « Hawel Teftekerni » Cd Mercedes Nieto : C'est une reprise de Abdelhalim Hafez, un tarab où les paroles font référence avec beaucoup de nostalgie à une histoire d'amour révolue : " Essaie de te souvenir les paroles que tu m'as dîtes et auxquelles j'ai toujours cru, je t'appellerai toujours « Habibi » ( = mon chéri ) ". Pour vous résumer la signification de cette chanson en quelques mots seulement... Ce solo, je l'ai créé suite à la demande de Caroline Achouri, qui voulait que je présente un tableau classique égyptien pour son festival de Tribal Fusion & ATS à Toulouse « Back to the roots ». C'était un honneur et un défi pour moi de créer et présenter ce solo, étant donné que jusqu'à maintenant beaucoup de danseuses françaises ne me connaissent qu'à travers mes drums solos. C'était donc l'occasion rêvée pour moi de montrer ma capacité à interpréter quelque chose de plus profond et authentique sur scène. J'espère bientôt pouvoir vous présenter la vidéo complète de cette création !

7/ Hormis la danse orientale, quelles sont les autres danses qui vous séduisent ?

J'adore la Danse sous toutes ses formes alors c'est difficile de faire des choix...
J'aime beaucoup le ragga dancehall, et plus récemment le reggaeton, dans lesquelles on retrouve des déhanchés et aussi beaucoup de puissance et d'énergie. J'aime surtout l'attitude et la confiance qui émanent de ces danseuses.
Mis à part ça, je crois que je serai toujours émerveillée par la grâce et la légèreté d'une danseuse classique ou alors l'élégance et la sensualité des danses de couples.





Découvrez Maïssane en vidéo :



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